La colère de l’enfant

La colère de l'enfant

Comment éléver un enfant non-violent

 

La colère est en chacun de nous. La colère occasionnelle est normale; la colère chronique non.

La colère chronique peut détruire les relations humaines. Elle peut endommager notre santé physique et mentale. Elle engendre l’agression, l’esprit de revanche et la violence. Le but de cet article est de vous aider à apprendre à votre enfant comment gérer la colère occasionnelle, avant qu’elle ne devienne chronique.

La colère est une émotion secondaire. Quelque chose se produit et vous contrarie, alors vous devenez en colère. C’est ce quelque chose qui déclenche la colère. En tant que parents, nos enfants peuvent nous décevoir ou nous frustrer : ils peuvent désobéir, braver les consignes ou nous répondre. Un enfant expérimente les moqueries, les peines, les échecs, le rejet et devient en colère. Beaucoup se mettent en colère quand ils n’obtiennent pas ce qu’ils veulent ou quand ils pensent que quelque chose est injuste. C’est le déclencheur. Nous avons tous nos propres déclencheurs. Ma colère peut être déclenchée quand un enfant en brutalise un autre.

La colère fait partie du tempérament, de notre humeur générale. C’est inné. Certains parents ont plus facilement tendance à se mettre en colère que d’autres, c’est pareil pour les enfants.

On apprend aussi à se mettre en colère. Les enfants de parents colériques apprennent très vite à exprimer leurs sentiments de la même manière. Quand un enfant voit un parent agir sous la colère en hurlant ou en le tapant, il apprend qu’il est naturel de crier et de taper quand il est à son tour, en colère.

Pourquoi les enfants deviennent en colère ? Il y a de nombreux facteurs. Certains enfants sont colériques parce qu’ils ont été excessivement punis ou injustement punis. Quand des enfants vivent dans un foyer hostile ou critique, ils deviennent en colère à cause du sentiment de désespoir et du chagrin. Lorsque la colère est retournée contre soi, cela peut conduire à la dépression. Beaucoup ressentent un sentiment de solitude et d’abandon à la suite d’un divorce et intériorisent leurs émotions.

Apprenez à vos enfants à reconnaître et à réguler leur colère. Apprenez-leur à ressentir les émotions dans leur corps. Le cœur qui bat plus vite, les muscles du visages sont crispés, les yeux se plissent, le corps se tend, les poings se serrent, le sang boue… Apprenez à vos enfants qu’il est naturel de se sentir en colère surtout lorsqu’on a été blessé dans ses sentiments. Mais taper ou se battre ne résoudra pas le problème. Réfléchir et parler sont de meilleures solutions.

Vous pouvez lui dire par exemple : «  Quand tu es en colère envers quelqu’un, tu peux parfois avoir envie de le taper. Tu peux avoir envie de lui faire mal parce qu’il a fait quelque chose qui t’a fait mal. Qu’importe de se sentir quitte, ce n’est pas une solution. Quand tu te sens en colère le mieux à faire est d’en parler à quelqu’un de confiance. Tu en parles à papa ou à maman, à un professeur ou un ami. Parler t’aidera à te sentir mieux. »

Apprenez à vos enfants des stratégies pour se calmer et se canaliser. Choisissez un moment ou ils sont tranquilles et réceptifs. Pratiquez des exercices de respiration, comptez jusqu’à 10, jouez avec son doudou, lui faire un câlin ou aller dans sa chambre, se reposer et écouter de la musique. Quand votre enfant se met en colère utilisez un signal ou une réplique comme rappel.

Quand Théo se met en colère parce que les choses ne vont pas dans son sens, son père peut commencer par lui dire que beaucoup d’adultes utilisent des respirations profondes pour se calmer. Puis il peut lui rappeler en quoi cela consiste : poser sa main sur son ventre et inspirer à fond lentement, cinq fois ou plus.

Les jeux de rôle sont un excellent moyen de pratiquer la gestion de la colère. Demandez à votre enfant de repenser à une situation qui l’a mis en colère. Réfléchissez à des solutions possibles. Puis rejouez la situation. Nous demandons souvent aux enfants de s’éloigner et d’ignorer ceux qui se moquent ou qui essaient de les mettre en colère. Ce n’est pas évident. Cela demande un peu de pratique.

la colère de l'enfant

Edouard, le frère ainé, aide Charles à contrôler ses pulsions lorsque ses copains le charrie. Il joue le rôle d’Arthur, un copain de Charles.

Arthur : « Quel horrible t-shirt. C’est ta soeur qui te l’a choisi ?

Charles : Désolé que tu n’aimes pas. Mais moi, dès que je l’ai vu, il m’a plu!

Arthur : On dirait un t-shirt de fille !

Charles : Moi j’aime bien !

Arthur : Il est trop lait !

Charles : Bon, je vais jouer dans la cour, à plus. » et Charles s’éloigne.

Essayez les jeux de rôle dans différentes situations. Rejouez autant de fois que nécessaire afin de prendre du recul et de dédramatiser. Encouragez votre enfant pour ses efforts et félicitez-le. Parlez après chaque épisode colérique. Assurez-vous que la colère soit passée et que votre enfant est prêt à échanger avec vous. Ne parlez pas à chaud, se serait contre-productif.

Commencez par demander à votre enfant de se souvenir de ce qui l’a mis en colère. Qu’est-ce qui l’a contrarié ? Pour un enfant un peu plus grand, vous pouvez demander pourquoi ce déclic en particulier à fait éclater sa colère. Si votre enfant à du mal à mettre des mots sur ce qui s’est passé, offrez-lui quelques idées : « il se pourrait que tu te sois senti mis à l’écart du jeu quand tu as perdu. » Vous pouvez aussi lui demander si de s’être mis en colère l’a aidé à se sentir mieux. « Est-ce que ça a changé ce qui s’est passé ? » Et puis soumettez des alternatives : « qu’est-ce que tu aurais pu faire d’autre ? Qu’est-ce que tu as déjà utilisé par le passé et qui a vraiment marché ? » Parler de leur colère est utile et leur apprend à mieux gérer leurs émotions.

Pour aider les jeunes enfants à s’exprimer, utilisez le dessin. Isabelle demande à sa fille Alizé de lui dessiner plusieurs portraits d’elle : un quand elle est contente, un deuxième quand elle fait les yeux noirs et un quand elle se met en colère. Pendant ce temps Isabelle dessine un thermomètre et place par ordre croissant du bas vers le haut, les mentions « calme », « contrariée », « en colère », chaleur et vapeur. Un fois terminé, elle demande à sa fille de choisir un dessin et de le positionner sur le thermomètre. Cela permet à Alizé de s’exprimer et donne un outil à Isabelle pour commencer la discussion. Avec un enfant un peu plus grand, on peut utiliser un journal intime. Apprenez-leur à poser leur idées sur le papier, décrire leurs sentiments, qu’est-ce qu’ils ont fait après leur colère… Cela les aidera à comprendre comment ils fonctionnent, quels sont les déclencheurs de leur colère, les schémas qui se répètent etc…

la colère de l'enfant

Aucune de ces suggestions ne marchera à moins que vous ne pratiquiez vous-même le self-control. Comment demander à des enfants de se maitriser et de se contenir si nous n’en sommes pas capables ? On ne peut pas juste leur dire quoi faire, il faut leur montrer l’exemple. Votre enfant apprendra à gérer sa colère en vous regardant gérer la votre. Pour la plupart des parents, il s’agit de revoir leurs habitudes d’éducation. Certains intériorisent jusqu’à ce qu’ils explosent pour une toute petite chose. Cette réaction est confuse pour les enfants, ils ne savent jamais quand se sera la fois de trop. D’autres explosent aussitôt qu’ils le peuvent. Parfois, ça peut marcher  mais l’enfant retient surtout à ne pas se mettre en travers de votre colère. Aucune de ces stratégies ne leur apprend à réguler sereinement leur colère.

Les parents qui arrivent a manager leur colère sont de bons modèles. Ils leur transmettent une manière constructive de faire face en cherchant des solutions et tirent le meilleur d’une situation. Ils connaissent leurs déclencheurs et s’en prémunissent. La frustration est un déclencheur commun à tous les parents. Nous travaillons dur pour subvenir aux besoins de la famille, fournir confort et sécurité ; et pourtant la poubelle pleine est encore dans la cuisine. Vous pouvez dire : « Je suis contrarié que la poubelle soit toujours là. Je t’ai demandé de la sortir hier. S’il te plait, fais-le maintenant, avant que cela ne devienne un plus gros problème pour nous deux. »

Les disputes sont un autre déclencheur commun. Lorsque vous vous rendez compte que vous êtes en colère et que vous vous disputez, retirez-vous immédiatement :  « Ca ne sert à rien. Je suis en colère à propos de ça. Je vais me calmer et ensuite je m’occupe de toi. » Cette approche montre à votre enfant que vous êtes sérieux à propos de cette situation mais que dans l’immédiat, le plus important est de contenir votre colère. Il comprend aussi que lorsque vous reviendrez vous serez plus rationnel et moins dans l’émotion.

Enfin je terminerais par un dernier conseil : ne prenez pas la colère de votre enfant personnellement. Quand il s’en prend à vous, restez calme, allez marcher. Ce n’est pas facile mais si vous devenez en colère à votre tour, vous établissez un schéma de pouvoir et non d’autorité. Il se pourrait bien que votre enfant cherche à se venger dès qu’il en aura l’occasion et que la situation se transforme en rapport de force.

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