Les intelligences multiples

howard Gardner

C’est Howard Gardner qui a développé cette approche en 1983 dans son livre, Frame of mind. Dès le départ, cette théorie a suscité beaucoup d’intérêt car elle ouvre des nouvelles perspectives dans les domaines de l’enseignement et de l’éducation. En France, cette approche est encore peu connue du grand public du fait que la plupart des ouvrages en anglais n’ont pas été traduits.

Qu’est-ce que l’intelligence?

 

Le cerveau humain est complexe et passionnant. Depuis la nuit des temps l’homme a cherché un moyen de cerner cette faculté. Mais l’intelligence est-elle unique ? Peut-on la mesurer ? De quoi se compose t-elle ?

Quel est le point commun entre Léonard De Vinci, Einstein, Miles Davis, Frida Kahlo, Marie Curie, Michael Phelps et Victor Hugo ? Ils étaient, ou sont encore, des personnes exceptionnellement intelligentes. L’intelligence dépend donc du contexte. Une personne peut-être très intelligente dans un domaine particulier et tout à fait moyenne dans un autre. Il existe différentes manières de montrer de l’intelligence.

On pourrait définir l’intelligence comme étant un ensemble de capacités à accomplir correctement une tâche, à répondre de manière adaptée aux situations que la vie nous propose et à tirer des leçons de l’expérience. Une chose est sûre, l’intelligence ne semble pas pouvoir être quantifiée par un test, un nombre ou un diplôme, même si c’est très souvent le cas. Mon garagiste est un fils d’immigré portugais. Ces professeurs l’ont très tôt incités à s’orienter vers un cursus professionnel. Il a étudié la mécanique avec un grand intérêt. Puis il a travaillé dans plusieurs grandes boites avant de monter son propre business. Pendant son temps libre, il s’essayait à la peinture automobile et créait de superbes capots. Les couleurs et les motifs étaient explosifs ! Aujourd’hui, son garage marche très bien car il fait preuve de professionnalisme et de disponibilité. Il expose ses sculptures et ses peintures. Il vient d’acheter un bar/tapas dans l’esprit industriel. Voilà pour moi un modèle d’intelligence! Le sens du travail et le sens des affaires avec une sensibilité artistique !

Si nous nous en tenons à la notion de Q.I, nous ne prenons en compte que des compétences particulières : le langage et la logique. Comment mesurer alors l’intelligence du patron, de l’artiste, du musicien, de l’athlète, du politicien, du vendeur, de l’instituteur, de l’architecte etc… ?

Et si, à l’échelle de la planète, nous considérions aussi l’incroyable capacité de navigation des vikings ou le merveilleux talent de conteur des griots africains? L’intelligence de l’homme est bien plus riche que ce que l’on croit.

intelligences multiples

 

La théorie des intelligences multiples

Howard Gardner est psychologue cognitif, professeur de neurologie à la faculté de médecine de Boston et professeur d’éducation à l’université de Harvard. Il fait depuis plus de trente ans, des recherches sur le développement cognitif de l’être humain. Afin d’intégrer l’infinie diversité des capacités humaines à toute culture et à tout contexte social, Howard Gardner à élargi les paramètres qui permettaient de définir et de comprendre l’intelligence. Voici les trois composantes qui se dégagent :

  • Un ensemble de compétences qui permettent à un individu de résoudre des problèmes rencontrés dans la vie courante. «Résoudre un problème» peut signifier par exemple savoir résoudre une équation ou savoir travailler en équipe pour mener à bien un projet.

  • La capacité à créer un produit réel ou offrir un service qui ait de la valeur dans une culture donnée. «Créer un produit» ou «offrir un service» peut signifier transformer un arbre en instrument de musique, écrire une lettre ou porter secours à un individu.

  • La capacité à se poser des problèmes et à trouver des solutions, qui permet à une personne d’acquérir de nouvelles connaissances. Cette dernière composante signifie que l’intelligence n’est pas figée et qu’elle se développe tout au long de la vie.

Les recherches d’Howard Gardner nous amènent à penser que chaque intelligence a un mode de développement particulier, avec un pic d’efficience maximum. Il semble que des « fenêtres » dans le développement de telle ou telle intelligence s’ouvrent et se referment parfois, à des moments relativement précis de la vie. Par exemple, l’intelligence verbale/linguistique se développe très tôt chez l’enfant et pourra être conservée toute sa vie (on peut devenir écrivain de talent après 60 ans). En revanche, le maximum d’efficacité pour l’intelligence logique/mathématique est constaté entre l’adolescence et chez le début de l’âge adulte mais rarement après 40 ans. C’est ce que Maria Montessori appelle les périodes sensibles chez l’enfant.

 intelligences multiples

Présentation des 8 intelligences

Découvrez votre « bouquet d’intelligences » ! Faites le test!

1. L’intelligence verbale/linguistique

Il s’agit de la capacité à utiliser les mots et le langage sous différentes formes. On reconnaît particulièrement cette intelligence chez celui ou celle qui aime lire et écrire, s’exprime avec aisance, aime raconter des histoires et joue avec les mots. Chacun à leur façon, les politiciens, les journalistes, les professeurs, les poètes, les écrivains, les publicitaires, se retrouvent dans cette catégorie. On associe le sens de l’ouïe à la partie du cerveau sollicitée par cette intelligence.

2. L’intelligence logique/mathématique

C’est la capacité à bien raisonner, bien calculer, quantifier, utiliser facilement les nombres, résoudre les problèmes de manière logique, émettre des hypothèses, manipuler les symboles, organiser l’information. Elle est particulièrement développée chez les scientifiques, les ingénieurs, les économistes, les statisticiens, les juristes, les enquêteurs…

Il s’agit des deux intelligences les plus sollicitées à l’école. Les enseignants en font un large usage au détriment de nombreuses autres stratégies pédagogiques.

3. L’intelligence musicale/rythmique

C’est la capacité à être sensible aux sons, aux structures rythmiques et musicales, au timbres sonores, aux tonalités, aux mélodies. On reconnaît cette faculté chez celui qui chante juste et reproduit avec aisance des mélodies, sait garder un tempo, est sensible à l’environnement en tant que source de sons variés, se met à danser sur le moindre rythme, retient en fredonnant, saisit facilement les accents d’une langue étrangère…

Les ingénieurs du son, les musiciens, les danseurs, les luthiers, les poètes utilisent l’intelligence musicale dans leur travail.

Dans l’enseignement classique, cette intelligence est peu reconnue. Elle est même souvent considérée comme un problème de comportement à sanctionner. Pourtant, Gardner a montré le lien étroit qui existe entre l’affectif et l’intelligence musicale/rythmique et logique/mathématique. La musique peut calmer, éveiller, réveiller, motiver. Utilisée dans le processus d’apprentissage, elle excite simultanément la partie rationnelle et la partie émotionnelle du cerveau, ce qui semble aider les élèves à mieux comprendre, à mieux retenir et à mieux appliquer l’information.

4. L’intelligence visuelle/spatiale

Il s’agit de la capacité à créer des images mentales, à visualiser et à représenter mentalement des idées, à percevoir et observer avec précision et en trois dimensions. La personne qui sollicite cette intelligence est sensible aux couleurs, a besoin d’un dessin pour comprendre, s’oriente facilement et aime l’art visuel sous toutes ses formes.

Lorsqu’on imagine goûter des insectes frits avec les pygmées, on fait appel aux sens intérieurs qui sont localisés à des endroits différents des zones sensorielles. Le cerveau a cette étonnante propriété de confondre image et réalité. Il pourra répondre à une image mentale de la même façon qu’à une situation vécue.

Les explorateurs, les décorateurs, les metteurs en scène, les paysagistes, les architectes, les bricoleurs utilisent cette intelligence. La théorie de la relativité s’appuie sur des modèles spatiaux imaginés par Einstein et non sur des raisonnement mathématiques. A l’inverse, si on ne développe pas assez cette faculté, on peut avoir des problèmes de mémorisation et de résolution de problème.

5. L’intelligence kinesthésique/corporelle

Il s’agit de la capacité à utiliser son corps de manière fine et élaborée, à s’exprimer à travers le mouvement, à être habile avec les objets. Elle est particulièrement développée chez les chirurgiens, les sportifs, les artisans, les acteurs, les danseurs, les acrobates… Ils s’appuient sur le sens du toucher pour comprendre, apprendre et transmettre l’information. Enfant, celui qui utilise cetet intelligence à des difficultés à rester calme et à rester longtemps assis ; il se trémousse s’il n’a pas suffisamment d’occasion de bouger. Les activités corporelles facilitent une mémorisation à long terme, c’est ce que l’on appelle la «mémoire du corps». Elles développent entre autres l’endurance, l’adaptation, l’équilibre, la dextérité, la coordination… et harmonisent le corps avec l’esprit.

6. L’intelligence interpersonnelle

C’est la capacité à entrer en relation avec les autres, à être sensible aux autre et à les comprendre. Celui ou celle qui utilise cette intelligence est particulièrement ouvert aux autres, n’aime pas être seul, s’intègre facilement, communique bien, est très créatif pour trouver des solutions aux problèmes des autres, est sensible aux variations des humeurs, des attitudes, des désirs des autres. Cette faculté est très développée chez les managers, les enseignants, les consultants, les vendeurs, les politiciens, les travailleurs sociaux etc… Ce sont en général des personnes amicales et extraverties. Si cette intelligence n’est pas suffisamment développée, il y a un risque d’enfermement de la personnalité, on perd les richesses issues du travail en coopération et on peut devenir aigri.

La compétition dans l’apprentissage est encore extrêmement fréquente et encouragée. Pourtant, apprendre à travailler ensemble est surement l’un des outils les plus utiles et les plus enrichissants que l’on puisse acquérir.

7. L’intelligence intrapersonnelle

Il s’agit de la capacité à avoir une bonne connaissance de soi, de ses forces, de ses faiblesses, à tirer parti de l’expérience et à agir en conséquence. Celui ou celle qui utilise cette intelligence sait porter un regard introspectif sur lui-même, est capable d’auto-discipline, réfléchit à ses actions sans céder à l’impulsion, apprécie la solitude et la méditation. Il a une forte vie intérieure et il est capable d’aider et de conseiller les autres personnes. Il est aussi très intuitif. On reconnaît cette faculté chez les écrivains, les philosophes, les psychanalystes, les yogi, les sages…

Il s’agit d’une faculté extrêmement importante. Elle influence notre capacité à nous poser des objectifs, à travailler de manière indépendante, à être émotionnellement en bonne santé, à faire le point sur une situation…

8. L’intelligence du naturaliste

Le naturaliste est sensible à tout ce qui touche à la nature, il aime explorer, il sait reconnaitre, relier et classifier les espèces, les végétaux et les minéraux. Par extension, c’est la capacité à comprendre les interactions entre la nature et la civilisation et à classifier les objets issus des civilisations : bibliothèques, collections, musées… Cette intelligence est particulièrement développée chez le biologiste, le botaniste, l’anatomiste, l’agriculteur, le documentaliste, l’anthropologue et l’astronome.

Le naturaliste est fasciné par la nature et sait en tirer partie. Il aime être dehors lorsqu’il souhaite se détendre et se ressourcer. Si on se coupe de cette partie de nous, cela peut être un facteur important de stress et on peut voir des comportements plus violents apparaitre.

Les intelligences sont complémentaires et s’enrichissent les unes les autres. Elles sont intriquées et ne peuvent fonctionner séparément. Au cours des  âges, les intelligences principalement sollicitées par l’homme ont évoluées. L’intelligence naturaliste permettait aux chasseurs cueilleurs de reconnaître les plantes comestibles, les bons champignons et les serpents venimeux. Aujourd’hui, il semblerait que notre civilisation, portée par la technologie, propage des stimuli visuels à outrance tout en réduisant de manière significative notre capacité à créer des images mentales propres.

Pour aller plus loin, je vous conseille l’excellent livre de Bruno Hourst qui a traduit une partie des recherches d’Howard Gardner et les a adaptées à l’enseignement scolaire. Cet ouvrage propose de nombreuses activités facilement adaptables à mettre en oeuvre pour tous les intervenants dans l’éducation: parents, prof, éducateurs, formateurs…

Je vous conseille aussi d’aller faire un tour sur son site: mieux-apprendre.com. Vous y trouverez sa méthode d’apprentissage, des outils et des formations.

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