Mauvais comportement et motivation

mauvais comportement et motivationUn enfant qui fait des bêtises est un enfant découragé. Il cherche à attirer votre attention dans le but de se sentir appartenir et important. C’est à vous de lui montrer une meilleure façon de satisfaire à ses besoins. Votre comportement détermine celui de votre enfant. Découvrez le sens caché de son mauvais comportement et CASSEZ LE CODE !

CASSEZ LE CODE !

Les enfants ont la fausse croyance qu’en faisant des bêtises, il deviennent important à vos yeux. Apprenez-leur plutôt le sens des responsabilités :

Julie et zoé ont jetées des œufs sur la voiture du voisin. Leur maman va s’asseoir avec elles et engage la conversation de manière amicale : « Il peut paraître amusant et téméraire de jeter des œufs sur la voiture de M. Schubert, j’aimerais cependant vous demander quelque chose. Avez-vous pensé à ce qu’il ressentirait quand il verrait les dégâts sur sa voiture ? » Les deux fillettes s’échangent un regard un peu coupable. La maman continue, « Comment pensez-vous qu’il se sentira ? Qu’est-ce que vous ressentiriez si quelqu’un jetait des œufs dans votre chambre ? » Les filles admettent qu’elle n’apprécieraient pas. Puis la maman demande : « Qu’est-ce que vous pensez pouvoir faire pour vous racheter? » Les filles haussent les épaules et répondent qu’elles ne savent pas. La maman insiste. « Les filles, je ne suis pas en train de vous gronder. Tout le monde fait des erreurs. Ce qui importe c’est d’apprendre de ses erreurs et de tout faire pour réparer ce qui à été fait. Je sais que vous êtes douées pour faire face aux problèmes. Qu’est-ce qui vous ferait vous sentir mieux si quelqu’un avait jeté des œufs dans votre chambre ? »

Zoé répond, « Je suppose que j’aimerais recevoir des excuses. »

La maman : « Autre chose ? »

Julie :  « J’aimerais qu’il nettoie ma chambre. »

La maman : « Cela me paraît être d’excellentes idées. Vous feriez ça pour M. Schubert ? » Les filles sont un peu réticentes mais admettent que c’est la meilleure chose à faire. La maman ajoute : « Je sais que ce n’est pas facile et je sais aussi que vous vous sentirez beaucoup mieux une fois que vous l’aurez fait. Vous voulez que je vous accompagne ou vous voulez aller voir M. Schubert par vous-même ? » Les filles s’accordent pour y aller seules. M. Schubert fut reconnaissant et consentit qu’il faut beaucoup de courage pour admettre ses erreurs et essayer de les réparer. S’il avait été grincheux, la maman aurait autant soutenu ses filles dans leur tentative de se racheter. Et même si les gens ne font pas toujours preuve d’indulgence face aux excuses qu’on leur présente, votre enfant réfléchira à deux fois aux conséquences des ses actes à l’avenir.

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Réparer les préjudices apprend à l’enfant la responsabilité sociale. Celle qu’il a envers les autres et la communauté à laquelle il appartient. L’être humain est un être profondément social. Le lien qui l’uni à l’autre est un repère essentiel dans sa construction et dans sa vision du monde. Mais la communauté s’organise selon des règles de savoir-vivre et l’enfant doit comprendre leur utilité. Pour lui et pour les autres. L’interdépendance entre respect et liberté.

Encouragez votre enfant !

Le soutien que vous apportez à votre enfant lui permet de développer sa confiance en lui : « Je suis capable. Je peux contribuer et influencer sur ce qui se passe dans ma vie. La manière dont je fais face détermine l’issue. »

Lors d’un conflit, on oublie souvent le sens caché, la signification derrière le désaccord. Lisez à travers les lignes et CASSEZ LE CODE !

Tout d’abord, sortez du conflit ! Ce c’est pas le moment pour trouver des solutions constructives ou encourager votre enfant. « Je pense que nous sommes tous les deux trop contrariés pour parler de ça maintenant. Mais j’aimerais reprendre avec toi cette conversation lorsque nous aurons tous les deux retrouvé notre calme. » Sortez du conflit, utilisez un temps de retrait positif, chacun dans une pièce ou allez marchez ; cela améliorera considérablement la communication.

Le timing est la clé du succès. Pendant un conflit, surtout si le but caché est le pouvoir ou la revanche, les parents tout comme les enfants sont sur la défensive et la communication est au point mort. C’est pourquoi la chose la plus efficace à faire est de se retirer quelques instants, chacun de son coté.

Faites preuve de respect mutuel. Ayez confiance en vos capacités et en celles des autres. Considérez leur point de vue avec autant de valeur que le votre. Assumez vos responsabilités et votre rôle dans la situation. La meilleure façon de transmettre ces attitudes aux enfants est de les mettre en pratique. Soyez conscient de ce que vous faites. N’agissez pas de manière automatique.

Voici une anecdote qu’un enseignant m’a rapporté. Léo, en CE1 dans la classe de M. Blanc, avait très souvent l’habitude de s’emporter lorsque les choses n’allaient pas dans son sens. Il était agressif et parfois même violent. M. Blanc essaya différentes punitions afin de corriger son tempérament colérique. Il l’envoya chez le principal, le garda après le cours pour lui faire copier des lignes, lui demanda de sortir de la classe et de s’asseoir un instant dans l’escalier le temps de se calmer… Léo claqua la porte et fit des grimaces par la fenêtre à ses camarade, écrasa sa tête contre la vitre… Quand il revint en classe, son comportement était belliqueux. Cela eu pour effet d’empirer les crises.

Dans une impasse, il faut construire un autre chemin. CASSEZ LE CODE ! Alors M. Blanc tenta de formuler une solution bienveillante et tenta l’encouragement. Il garda en tête l’importance du timing, de la coopération et du respect mutuel. Il commença par demander à Léo de rester après le cours. Quand Léo vint à M. Blanc, il trouva un enseignant beaucoup plus sympathique. Tout d’abord, M. Blanc remercia Léo de prendre quelques instants sur son temps libre pour rester après la classe. Ensuite, il confia à Léo qu’il aimerait vraiment trouver une solution valable pour tous les deux afin de sortir de la confrontation permanente. Il lui expliqua son problème en tant qu’enseignant. Lorsque son élève se mettait en colère de la sorte, il perturbait l’apprentissage de ces camarades et le sien par la même occasion. Il admit aussi que le punir était blessant et portait atteinte à sa motivation de mieux faire. C’est pourquoi, il ne le punirait plus. Il demanda à Léo s’il était d’accord pour trouver ensemble une solution. Léo n’était pas encore prêt à coopérer. Il montra de l’hostilité et déclara qu’il ne pouvait pas l’aider. S’il se mettait en colère c’était à cause des autres enfants. Souvenez-vous que cela prend du temps avant qu’un enfant ne nous fasse confiance lorsque nous modifions notre comportement. M. Blanc comprenait ce sentiment parce qu’il lui arrivait aussi de se mettre en colère. L’enfant le regarda droit dans les yeux avec surprise et le considéra avec attention. M. Blanc poursuivi en lui demandant s’il avait déjà remarqué les changements qui se produisaient dans son corps au moment la colère brûlait. L’estomac qui se noue, les épaules qui se crispent… Léo n’y avait jamais pensé. M. Blanc lui demanda de noter tous les changements qu’il ressentirait dans son corps la prochaine fois qu’il perdrait son calme. Ensuite, ils se retrouveraient après le cours pour partager ce que Léo découvrirait.

Il se passa quasiment une semaine avant que Léo ne s’emporta de nouveau. Il est possible qu’il se soit senti considéré juste parce que M. Blanc passa quelques instants à discuter avec lui de manière amicale et respectueuse après la classe. Quand l’occasion se présenta, M. Blanc posa doucement sa main sur l’épaule de Léo et lui dit :  « Léo, est-ce que tu remarques ce qui se passe dans ton corps à présent ? » Cette question interrompit la colère de Léo en l’invitant à se concentrer sur ses sensations. M. Blanc paru enthousiaste et impatient quand il ajouta : « Viens me voir à la fin du cours ! » Léo nota qu’il avait senti ses poings se serrer et ses dents grincer. M. Blanc demanda à Léo s’il serait d’accord pour se prendre en charge la prochaine fois qu’il sentirait la moutarde lui monter au nez. Il pourrait sortir quelques instants pour faire une pause et se calmer AVANT d’exploser. Que pourrait-il faire pour se sentir mieux ? Léo ne savait pas. M. Blanc lui suggéra de compter jusqu’à 10 ou jusqu’à 100, de penser à des souvenirs heureux ou juste d’apprécier la beauté du jour, les couleurs sur les arbres, le chant des oiseaux… Léo répondit : « Ok ! »

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De nouveau, il se passa plusieurs jours avant qu’une colère pointe. De nouveau, Léo se senti soutenu et encouragé dans sa volonté de mieux-faire. La semaine suivante, il sorti 3 fois pour un temps de pause de 3 à 5 minutes avant de revenir en classe nettement plus calme. A chaque fois M. Blanc leva son pouce en signe de reconnaissance de son comportement responsable. M. Blanc ne savait pas vraiment ce que faisait Léo pour se calmer une fois dehors mais il lui était reconnaissant de ne pas faire de grimaces à travers la fenêtre. Léo continua à agir de manière responsable face à ses colères. Ce n’est qu’après trois semaines qu’il perdit le contrôle de lui-même et se mit à hurler sur un camarade, en oubliant de sortir de la classe. M. Blanc discuta avec Léo à la cantine et le félicita des progrès qu’il avait réalisés. Il le rassura : « Tout le monde fais des erreurs, surtout quand on apprend. Tu veux toujours travailler à t’améliorer ? » Léo était d’accord. M. Blanc continua ainsi le reste de l’année. Il porta comme appréciation : « Léo avait l’habitude de piquer des colère plusieurs fois par jour. Maintenant, il perd le contrôle une ou deux fois par mois. Je le soutiens dans ses efforts. » M. Blanc était surtout content que leur relation soit passé de l’état de guerre à un respect mutuel.

C’est un travail de patience que l’éducation. La notre et celle de nos enfants. Soyez indulgent et corrigez vos erreurs sitôt que vous vous en apercevez. C’est aussi un travail d’équipe : votre enfant vous aidera à grandir autant que vous l’y aiderait.

Visez l’amélioration, pas la perfection

La perfection n’est pas une attente réaliste. Les enfants préfèreront ne pas tenter plutôt que d’expérimenter un découragement constant. Reconnaitre l’amélioration motive l’enfant dans ses efforts. Les punitions encouragent l’esprit de rébellion et décourage l’enfant, les parents et les professeurs. Quand les adultes font preuve de respect, qu’ils soutiennent l’enfant face à son problème, qu’ils l’aident à se concentrer sur une solution, l’enfant se sent considéré, intégré et il développe un comportement responsable. Une des clés est de transformer le mauvais comportement en participation active. Par exemple, une fille bavarde et indisciplinée en classe aura très souvent des qualités de meneur. Qualités que l’on peut mettre à profit au sein de la classe en lui donnant la responsabilité d’expliquer à d’autres enfants la leçon qu’ils n’ont pas compris. Lui donner un rôle de tuteur permettrait de canaliser son énergie de façon positive. Responsabilisez votre enfant et vous gagnerez sa coopération. Concentrez-vous donc sur les qualités et non sur les défauts.

Si vous passez 85% de votre temps à vous focaliser sur les 15% de votre personnalité qui sont négatif, vos défauts s’accentueront et bientôt vos qualités disparaitront ! A contrario, si on se focalise sur le positif, si on s’attache à développer ses forces, il ne faudra pas longtemps pour que le négatif disparaisse. Nous construisons notre propre réalité. La beauté est dans l’oeil de celui qui regarde. Recherchez toujours les qualités dans chaque comportement et redirigez-le de manière participative. Développez les forces pas les faiblesses.

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Fuyez la pression sociale !

Dernier point de l’article du jour. Quand nos amis, nos voisins, notre famille sont témoins du mauvais comportement de notre enfant, nous nous sentons jugés. Nous ne voulons absolument pas être perçu comme de « mauvais parents » et nos enfants « mal élevés ». Cela peut être source de stress et de maladresse. Nous souhaitons ne pas perdre la face et contrôler la situation le plus vite possible, au risque de céder à l’agressivité. S’en suivent fessée, gifle, chantage, humiliations verbales, punitions… dans le but de satisfaire l’oeil extérieur et son désir de résultat immédiat. Il faut beaucoup de volonté pour garder la tête froide alors que nous sommes sous pression. Une astuce efficace : réglez vos problèmes en privé. Prenez congé de l’auditoire, restez calme et cherchez avec l’enfant une solution juste.

Be sociable, share!

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